ITW RESO

C’est avec l’équipe encadrante de la Maison d’Arrêt de Varces et notamment avec Cloé Pozzar, psychologue, que nous avons monté, pour la 2ème année consécutive, plusieurs ateliers d’initiation au graffiti au sein de la Prison.

Le travail s’y divise en deux ateliers : un le matin et un le soir. Le premier se déroule en quartier de détention tandis que l’autre se fait au SMPR avec les détenus ayant des problèmes de santé/psychologique nécessitant des soins. Le travail se fait sur toile ou sur mur (fresque).

A cette occasion, nous avons recueilli les propos de RESO, graffeur qui nous accompagne dans cette aventure depuis le début.

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Une petite présentation rapide de toi, de ton parcours ?
Cédric alias RESO, 40 ans, toulousain. Je graffe depuis 22 ans.

Qu’est ce qui te pousse à participer au projet depuis 2 ans déjà ?
C’est d’abord pour l’originalité du projet et des conditions de travail. On développe une relation avec les détenus, on s’investit.
Et puis, j’aime collaborer avec Bajo El Mar, ça se passe super bien.

En quoi consiste les ateliers cette année ?
Nous avons réalisé une grande fresque (25m de long/3m de hauteur) dans le gymnase de la prison.
Ensuite, nous avons accompagné les détenus dans la création de 20 toiles individuelles qu’ils garderont pour eux ou bien pour offrir par exemple.

Est-ce-que c’est difficile de s’adapter et de travailler dans une univers carcéral ?
Difficile, non. Mis à part peut-être l’enfermement qu’on a pas l’habitude de vivre.

Comment réagissent les détenus face à ce type de projet ?
Ils sont d’abord intrigués, puis attirés et intéressés !
Ils sont en demande d’activités, forcément. Et comme on leur propose quelque chose de différent, ils sont réactifs.
Malgré quelques réticences, tous finissent par participer !

Que penses-tu de ce type d’initiative dans les prisons ?
J’aime ça ! Quelque part on aide les détenus. 
Il y a vraiment un intérêt car on apporte quelque chose, ces ateliers sont une initiation pour eux, ils sont réceptifs. Cela peut créer des vocations, comme par exemple avec l’artiste peintre CHAMIZO, qui a profité de ses 14 ans de prison pour développer son art. 

Ces types d’ateliers ont-ils une influence sur tes créations perso ? 
Au niveau de la créativité pas vraiment car on passe notre temps à faire de l’initiation. 
Par contre, personnellement j’en retire des choses. Je vais dans mes réserves, la rencontre avec les autres m’apporte, c’est épanouissant. 
On en apprend sur les gens et sur l’univers carcéral. 
Après, forcément, je suis inspiré par ce que je vis au quotidien. Donc je suppose qu’inconsciemment il y aura une part d’influence. 

Merci RESO !

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